Robert Leckie : Ma guerre du Pacifique

Autobiographie
Récits de guerre
livres
Date de publication

6 février 2026

Robert Leckie a servi dans le corps des Marines (1ʳᵉ division) durant la Seconde Guerre mondiale. Il a combattu les Japonais à Guadalcanal, au cap Gloucester et à Peleliu, où il a été blessé puis évacué. Au début de la guerre, Leckie travaillait pour un journal (rubrique sports) et il continuera à écrire après-guerre. Il publiera des dizaines d’ouvrages, dont Helmet for My Pillow, qui raconte sa vie de Marine durant la guerre du Pacifique. C’est ce livre, traduit en français sous le titre “Ma guerre du Pacifique”, que je viens de terminer et dont je vais dire ici quelques mots.

J’ai d’abord lu la version originale des mémoires de Robert Leckie, car je ne trouvais pas l’ouvrage en français. Lorsque j’ai finalement mis la main sur une traduction, j’ai beaucoup apprécié de pouvoir lire ce livre dans ma langue maternelle. La traduction est fluide et très agréable.

Leckie s’engage en janvier 1942 et se retrouve sur le théâtre de la bataille de l’île de Guadalcanal, dans les îles Salomon, à l’été 1942 (carte en fin de page). L’auteur nous raconte l’enfer des pluies diluviennes, la terreur des bombardements nocturnes et les combats acharnés contre les troupes japonaises. Il survit à cette bataille et est envoyé se reposer en Australie. Cette pause prend fin lorsque sa compagnie est envoyée en Nouvelle-Bretagne pour participer à la bataille du cap Gloucester (début 1944). Les combats dans la jungle s’enchaînent et les conditions de vie des troupes sont très difficiles, notamment en raison du climat tropical.

Leckie survit à ces combats et, alors qu’il s’imagine être mis en retrait du front, se retrouve envoyé sur l’île de Peleliu, dans l’archipel des Palaos, où il participe à la bataille du même nom. Les fortifications construites par les Japonais se révèlent terriblement difficiles à prendre et cette bataille est l’une des plus meurtrières de la guerre du Pacifique, avec celle d’Iwo Jima. Leckie y reçoit d’ailleurs une blessure qui entraîne son évacuation vers l’hôpital militaire des îles Russell et son éloignement définitif des combats.

J’ai beaucoup aimé ce livre car le témoignage de Robert Leckie est honnête et permet de comprendre la vie des hommes de troupe durant la guerre du Pacifique. Il se lit d’une seule traite et la fin du livre est d’ailleurs assez poignante. L’idée de raconter sa guerre du Pacifique est venue à Leckie après avoir vu un film dans lequel cette période était dépeinte de façon complètement déformée.

On peut voir aujourd’hui une série intitulée “The Pacific” dont le scénario repose en grande partie sur le livre de Leckie ainsi que sur un autre récit de guerre célèbre, “With the Old Breed”, d’Eugene B. Sledge, dont je parlerai une autre fois. La série est très réussie, il n’y a aucun doute, mais Leckie aurait sans doute été chagriné de constater que les scénaristes ont gommé la partie de son récit consacrée au traitement réservé aux Marines envoyés en prison. Lui qui a écrit ce livre précisément pour raconter honnêtement ce qui est arrivé à ses camarades et à lui-même…

En quelques mots, ce livre est incontournable si vous vous intéressez à la seconde guerre mondiale.